Slaves on Dope - Paris


Il est difficile de définir la musique de ce quatuor canadien engagé sur la OzzFest, mais on peut dire qu'elle oscille entre les parties Rock de Faith no more, Evanescence, peut être un peu de Marylin Manson, en bref du pur rock, tantôt mélodique, tantôt agressif ... Nous vous proposons d'en savoir plus sur le groupe au travers de la voix de Kevin, guitariste du groupe ...


Aedonia : Comment vous êtes vous rencontrés ?
Kevin Jardine - Slaves on Dope : Le groupe s'est formé en 1993. Aujourd’hui il n’y a que Jason (chant) et moi qui étions là à l’origine. Ca nous a pris 2 ans à peu près pour rencontrer Franck (basse) et Rob (batterie). Un ami commun à Jason et moi nous a fait nous rencontrer puis nous avons changé de line-up pour intégrer Franck et Rob qui jouaient dans un autre groupe. A cette époque là j’écrivais des chansons pour d’autres groupes et pour un concours radio que nous avons gagné en 1994. Je connaissais Franck depuis longtemps car on suivait les mêmes cours de Jazz.

A : Comment vous êtes vous retrouvés sur le label de Sharon Osbourne ?
K : Notre agent avait un ami qui travaillait dans le label de Sharon, et il ne voulait pas signer un groupe débutant, mais plutôt un groupe avec au moins un album. Il nous a vu jouer au moins 12 ou 15 fois en tant qu’ami et a finit par dire à notre agent qu'il fallait qu'il nous signe sur son label. Puis Sharon est venue nous voir pour un concert qu'on donnait à Hollywood. On a fait le concert et elle nous a dit qu'elle pensait qu'on avait pas assez bien joué ce soir là et qu'elle voulait nous voir une autre fois. Le soir suivant on jouait à Las Vegas avec Papa Roach , et on a mieux joué alors on a eu le contrat tout de suite, et ensuite on s'est retrouvé embarqués dans la Ozzfest.

A : As-tu des souvenirs spécifiques de la Ozzfest ?
K : Jason chantait avec Soufly tous les jours, y'avait quelque chose comme 30 000 personnes et on jouait sur la scène principale. C'était fantastique.

A : Vous allez ressortir vos anciens albums dans ce nouveau label ?
K : Non, je ne pense pas. Un album c'est un cycle, on s'en sert pendant un moment puis il disparaît et il est remplacé par un nouveau. Je ne suis pas sûr que ce soit utile. Peut être dans le futur, mais pas pour le moment en tout cas.

A : Comment avez-vous choisi les producteurs pour l'album ?
K : On a choisit Jason Slater et Troy Van Leeuwen, car Jason est un ancien ami et Troy a une maison de production. On avait déjà eu l'occasion de faire des démos avec eux. Le contrat n’a été passé qu'avec Jason et MCA puisque Troy était en train de jouer avec Queen of the stone age , et qu’il n’avait pas beaucoup de temps pour rentrer en studio. Jason était déjà en Floride pour enregistrer un autre disque alors on est venu faire notre disque avec lui. Ca a été décidé tellement vite que ça s'est fait comme ça.

A : C'est pas trop dur de sortir des albums métal au Canada ?
K : Y'a vraiment pas de scène métal au Canada ou Montréal. Y'a des groupes qui jouent mais y'a pas de soirées comme il y en a de temps en temps a Los Angeles, genre tous les mois dans de petits clubs. Y'a pas de groupes pour tourner avec, pas de salles pour jouer. Y'a une bonne scène Death Metal mais pas dans notre style plus rock. C'est pas facile et c'est la raison pour laquelle on a déménagé à Los Angeles.

A : On connaît très peu de groupe Canadien ...
K : Oui, on arrive à avoir 30 000 personnes pour la Ozzfest, mais y'a pas assez de clubs, pas assez de personnes qui aiment dépenser de l'argent dans les groupes ne serait-ce que pour acheter leurs disques. Ils préfèrent acheter le dernier Linkin Park ou le dernier Korn au lieu d'essayer le CD d'un nouveau groupe qui sort. Et puis il y a des choses bizarres qui se passent car des fois les albums mettent plusieurs mois à sortir au Canada, et il y a même des groupes qui ne sont pas acceptés pour tourner au Canada alors qu'ils remplissent de grandes salles juste de l'autre côté de la frontière.

A : Quelles sont tes influences musicales ?
K : Je dirai pour moi, pour les guitares, que j'aime beaucoup des guitaristes comme Kirk Hammet, les gars de Judas Priest, mais en ce qui concerne le groupe, si on choisissait un groupe qu'on aime tous c'est Faith no more. C'est notre favori ! C'est pas qu'on aime ce qu'il fait comme musique car c'est un peu différent de ce qu'on fait, mais juste leur idéologie, leur façon de faire. Ils écrivent les chansons qu'ils veulent, ils ne font pas de compromis, ils font vraiment de la musique pour la musique sans penser au côté business. Ils font des morceaux bien construits pour les vrais amateurs de musique.

A : En fait on présente Slaves on Dope comme du Linkin Park, c'est finalement loin de vos influences ?
K : Notre musique ne ressemble pas à du Korn ou Linkin Park, c'est pas du néo-métal, mais juste du rock, un rock dur. Les guitares, la batterie, le chant n'ont rien à voir avec Korn. On sonne un peu heavy mais ce n'est pas comme les groupes que tout le monde aime, c'est du rock, de bonnes chansons, c'est fun. Il n'y a pas qu'une seule chanson de bien sur l'album, toutes sont travaillées.

A : Les premiers morceaux semblent mélodiques, puis plus agressif puis plus noir. C'est voulu ?
K : L'ordre des chansons est très important. Pour ce CD on avait écrit quelque chose comme 50 chansons et les chansons qu'on a retenues pour le disque étaient celles qui donnaient le même message, qui avait le même son. Il y a des morceaux un peu plus durs et d'autres moins. En fait il y a des morceaux qui s'adressent à nos anciens fans, puis des morceaux qui correspondent plus à nos goûts d'aujourd'hui. Et puis cà permet d'avoir 10 chansons différentes sur le CD et pas à chaque fois la même comme beaucoup de groupes font. Je suis étonné des groupes qui sortent des albums avec une chanson bien et toutes les autres qui sont exactement pareilles. Et c'est dommage car ça ne donne rien aux fans de musique, ça leur donne un disque, mais y'a pas d'intérêt, pas de suspense, c'est juste un disque que tu écoutes et que tu jettes juste après. C'est pas notre style de faire des disques comme ça.

A : Tu me dis que tu veux satisfaire tes anciens fans, mais quel était votre style avant ?
K : L'album « Inches From The Mainline » a été écrit à Montréal et on était en train de déménager à Los Angeles, on était dans notre période "on en a marre du monde". Quand on a écrit ce nouvel album on était encore un peu dans cet esprit là mais y'avait d'autres choses qui se passaient qui donnaient une autre perspective comme l'envie d'écrire plus de mélodies pour le chant, des morceaux plus basés sur le rythme. C'est le même groupe, tu peux mettre les disques l'un à côté de l'autre et tu le reconnaîtras mais sur ce dernier Jason chante plus qu'avant, c'est un peu sa seule différence.

A : Tu as utilisé quoi comme guitares et amplis pour enregistrer l'album ?
K : J'utilise des guitares ESP et des amplis Crate dont la nouvelle tête BB300, qui est fantastique avec de supers baffles montés avec des haut parleurs Celestions. J'utilise aussi une pédale wah Jim Dunlop, des whammy aussi Jim Dunlop, tout un tas de vieilles pédales que j'ai en stock et qu'on trouve plus nulle part. J'utilise des guitares acoustiques ESP, des cordes D'addario. Sur ce disque là j'ai pas vraiment utilisé beaucoup de choses. J'avais plus d'effets différents sur le disque d'avant, et parce qu'ils étaient en rapport avec les chansons. Là finalement pour ce CD on a gardé les morceaux où j'avais juste ma tête Crate et ses trois canaux sans aucune pédales. Franck était supposé les emmener depuis Los Angeles mais il les a oublié chez lui. Du coup j'avais rien avec moi, alors j'ai fait dans la simplicité avec juste un son clair, un son semi-saturé, et un son complètement saturé. C'était juste la guitare et l'ampli qui donnait le son.

A : Tu utilises quoi comme modèles ESP ?
K : Pour ce disque j'ai utilisé le nouveau modèle Hybrid qui ressemble à une Lespaul Junior, avec une plaque, un switch 3 positions, des micros Seymour Duncan (dont un Jeff Beck). La lutherie est neck thru (manche collé) et ça sonne mieux que les autres que j'ai.

A : Tu utiliseras le même matériel sur scène ?
K : La raison pour laquelle je travaille avec ces marques là c'est que j'utilise toujours le même matériel. J'ai pas de guitare ni d'ampli spécifiques donc je peux les emmener en tournée avec moi. J'utilise les mêmes choses en studios et en live. J'ai d'autres guitares chez moi comme des Strats, des Télécasters, des Lespauls mais j'y touche jamais.

A : Avez-vous une tournée de prévue ?
K : On devrait passer en France fin Septembre/début Octobre pour montrer aux gens ce qu'on vaut et ce qu'on peut faire sur scène.

A : Aurais-tu des rêves que tu voudrais réaliser même s'ils n'ont rien à voir avec la musique ?
K : Je rêve d'avoir un disque qui marche aux Etats-Unis, d'avoir un peu plus de succès que ce soit avec mon groupe ou en produisant d'autres groupes car là c'est un peu dur. On se motive tous les 4, c'est le fait qu'on soit ensemble qui nous pousse vers l'avant mais si tu vends pas beaucoup de disques, t'as pas beaucoup d'argent et ton avenir est un peu compromis. Si ta maison de disques ne fait pas de profit avec toi elle te laisse tomber. On attend la période de Noël pour voir comment ça va se passer. On essaie de se faire connaître en France, on passe à la radio et à la télé aux Etats Unis alors j'espère que ça va mieux marcher que le premier disque.

A : Comment t'es-tu mis à la musique ?
K : Je savais que je voulais jouer de la guitare, c'était en 1983. Y'avait Van Halen, Scorpions, Judas Priest, Ozzy, Motley Crue qui faisaient de grands shows avec beaucoup de personnes. Je regardais ces groupes à la télé et quand Judas Priest est passé je me suis dit il faut que je fasse ça un jour. J'ai acheté ma première guitare à 17 ans, et je m'y suis mis.

A : Tu veux ajouter quelque chose ?
K : Je pense avoir dit tout ce que je voulais alors c'est cool !

Site officiel : www.slavesondope.com